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1916 : L'ALLEMAGNE A BESOIN D'UNE VICTOIRE MILITAIRE MARQUANTE Pourquoi ? - Le temps joue contre elle : les ressources en hommes et en matériels ne sont pas inépuisables, contrairement aux alliés. - l'Allemagne a besoin d'un élément de négociation pour imposer sa paix. - Nécessité de remonter le moral national : les Allemands commencent à douter de l'issue du conflit et subissent les effets de la guerre lisibles à travers la disette... Or toutes les hypothèses d'attaque sur le front oriental semblent présenter peu d'intérêt ou trop d'inconvénients ; de plus, l'attaque de l'Angleterre paraît risquée d'où la volonté d'isoler cette dernière en la privant de " sa meilleure épée ", la France, et de l'obliger, ainsi, à porter seule le poids de la guerre. Ce choix aurait également l'avantage de mettre la Russie - en la privant du soutien occidental - dans l'incapacité de maintenir son effort de guerre. En conséquence, le front français apparaît comme la seule solution. Deux places fortes retiennent l'attention de l'Etat-major allemand : Verdun et Belfort ; elles remplissaient les conditions requises pour la mise à exécution du plan de Falkenhayn. Finalement, ce fut Verdun qui fut choisi le 13 janvier 1916 pour une bataille considérée comme décisive. L'essentiel est de trouver un objectif - Fixer le plus grand nombre possible de forces françaises sur un champ de bataille bien déterminé. - Obliger l'Etat-major français à engager ses réserves pour empêcher la prise de la place de Verdun, ce qui aurait dans l'opinion publique française un effet désastreux. - Et donc " saigner à blanc " l'armée française, briser les nerfs de l'adversaire, lui infliger des pertes telles qu'il ne pourrait pas se relever. Faute de pouvoir résoudre le problème de la rupture du front occidental, il n'est pas nécessaire de percer les lignes françaises. Comment ? - Attaquer sur une zone limitée ce qui présente un double avantage : utiliser des effectifs limités et donc éviter de trop dégarnir les autres fronts, renforcement de la puissance de feu. - Employer intensément l'artillerie avec une technique de hachoir ou "Trommelfeuer" : l'artillerie lamine en profondeur les lignes ennemies et permet à l'infanterie d'occuper le terrain, ainsi détruit, quasiment sans combattre. En outre, cette tactique favorise la suppression des traditionnels combats d'infanterie. - Varier le rythme de l'offensive dans le but d'attirer et de détruire les réserves ennemies. Il s'agit donc pour les Allemands de reprendre l'initiative des opérations sur le front occidental et de mettre la France hors de combat.
LES ALLEMANDS DECIDENT DE LANCER UNE ATTAQUE SUR VERDUN Verdun est un symbole pour les Allemands : ville du traité de 843 qui partagea l'empire de Charlemagne, vieille cité impériale prise deux fois ( en 1792 et en 1870 ), elle constitue un objectif digne du Kronprinz ( prince héritier commandant la V ème Armée, chargé de l'attaque ). En cas de succès retentissant à Verdun, le prestige de la famille impériale s'en trouverait renforcé.
L'OFFENSIVE DE VERDUN PRESENTE DE MULTIPLES AVANTAGES SUR UN PLAN PUREMENT STRATEGIQUE La poche constituée par le saillant facilite également une attaque par les flancs et de front. Comme la Meuse coupe en deux cette poche, les Français seront contraints de se battre le dos au fleuve ; la défense française serait comme prise dans une nasse. Les collines entourant la place de Verdun offrent des positions idéales pour contrôler le secteur et bombarder la ville. La présence de forêts profondes et de bois permet d'acheminer, dans une relative discrétion, hommes et matériels, notamment en Woëvre. Au reste, d'excellents observatoires naturels sont déjà aux mains des Allemands : Crête de Romagne, Jumelles d'Ornes... Les Allemands, enfin, n'ignorent pas non plus, grâce à leurs réseaux de renseignement, que la place forte de Verdun est très affaiblie par le désarmement des forts et le retrait de garnisons décidés en août 1915 par l'Etat-major français... L'offensive doit permettre de réduire le saillant, " point d'appui le plus puissant ". C'est de là qu'une attaque française pourrait être déclenchée afin de " rendre intenable le front allemand "; de plus, le saillant menace les voies de communications allemandes proches d'à peine 20 km et semble présenter " un danger d'une grande importance militaire ". Les Allemands ne pensent pas devoir redouter une contre-attaque française en raison de la faiblesse des communications de Verdun avec l'arrière : les liaisons ferrées avec Chalons et Nancy sont coupées, de même que la voie reliant Verdun à Sainte-Menehould, coupée à hauteur d'Aubréville. Il existe encore l'étroite voie ferrée, mal entretenue, tracée entre Bar-le-Duc et Verdun : le Meusien. En revanche, les Allemands disposent de 14 voies ferrées - dont 11 construites par leur soin - , ce qui facilite l'acheminement rapide des soldats et des matériels. En outre, ils peuvent s'appuyer sur l'arrière-pays industriel de Moselle, du Luxembourg ainsi que sur les bassins miniers du pays-haut lorrain.
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